La carte postale …

La carte postale….

 

 

carte postaleLa carte postale est tombée du livre pris sur l’étagère.

Si je ne me souviens plus du moment où je l’ai glissée dans ce recueil de nouvelles d’Yvan Audouard, je n’en ai pas oublié la raison.

La carte postale est datée du 26 juillet 1972 et m’a été envoyée par mon père. J’avais 6 ans et je passais une partie de mes vacances d’été chez mes grands-parents maternels avec ma mère et mon frère.

A l’époque les grandes vacances s’étiraient sur deux mois et demi. Et s’il nous rejoignait le vendredi soir, mon père repartait travailler à 90 km de nous la semaine.

Il faisait partie de ceux qui comme dans la chanson de Ferrat « avait quitté leur pays pour s’en aller gagner leur vie loin de la terre où ils sont nés » . Exit les Cévennes, bonjour Avignon et la Provence. Il est des exils plus cruels ! Il avait choisi l’administration pour ne pas descendre à la mine. Sa silicose à lui fût la nicotine qui finira par l’emporter 23 ans après l’envoi de cette carte.

Pas de roman, juste quelques mots «  Grosses bises de Papa », mais un trésor…son écriture pour mon éternité…C’est dans l’intimité de l’écriture et de la voix que réside le vertige de l’absence.

La carte est tombée du livre d’Yves Audouard . L’ouvrage est dédicacé même si je ne suis jamais parvenue à déchiffrer vraiment les quelques mots écrits … L’important c’est la date : le 17 juillet 1994…Les dédicaces servent donc à dater les souvenirs quand les années s’emmêlent. L’important c’est le moment passé avec mon père au salon du livre de Sablet, salon du livre à ciel ouvert provençal dans un magnifique petit village du Vaucluse. L’important c’est -alors qu’il était déjà malade- cette parenthèse suspendue vécue avec Yvan Audouard. Quelques minutes passées à parler du Canard Enchaîné qu’il achetait tous les mercredis.

Est-ce que les petites filles reçoivent toujours des cartes postales de leur papa à l’heure du sms ? Est-ce que les jeunes femmes vont toujours dans les salons du livre avec leur père à la recherche de dédicaces à l’heure du numérique ?

Moi j’ai eu cette chance……

 

Valérie ALAMO



Zinédine Zidane et les contes de fées

zizou entraineurDeux jours avant l’Epiphanie, le Real Madrid a trouvé son nouveau roi : Zinédine Zidane. Notre Zizou à nous.

Il faut bien avouer qu’à l’émotion s’est mêlée une pointe de fierté à l’annonce de sa nomination à la tête d’un des plus grands clubs de football du monde, car c’est un peu du drapeau Bleu Blanc Rouge que l’enfant de la Castellane est allé planter dans le cœur des Merengue.

Et comme en 1998, il avait été « l’homme qui avait fait croire aux français qu’ils pouvaient s’aimer » selon une journaliste du Nouvel Observateur ,  en ce début janvier c’est comme si son accession au trône avait recollé tous les morceaux de nos cœurs de français meurtris par une année 2015 éprouvante. C’est la plus romantique, exaltante, passionnante, excitante nouvelle qui s’est présentée à nous depuis fort longtemps.

Zinédine Zidane est l’un des rares à exacerber nos émotions au point quelquefois d’anéantir nos facultés de raisonnement. Zizou c’est Zizou et c’est bien pour cela que l’on a le cœur au bord des larmes depuis hier , tant on est heureux pour lui mais surtout égoïstement pour nous.
Car si d’autres sont venus nous enchanter sur des terrains depuis , une part de nous est restée orpheline du talent de Zinédine Zidane.

Car Zidane n’est pas juste un footballeur, Zidane est un artiste, un esthète, un créateur , capable de soulever notre âme avec son art comme on peut l’être par une musique , un livre ou un film.
Son retour au plus haut niveau est pour nous une cure de jouvence , c’est se dire avec bonheur que notre aventure ensemble n’est pas tout à fait terminée…

Alors est-ce que ce n’est pas trop tôt, est-ce que Zinédine Zidane a suffisamment d’expérience pour réussir en tant qu’entraîneur….Ce sont des questions de spécialistes …
L’essentiel c’est la belle histoire…Celle qui pourrait écrire qu’un jour Zizou a remporté la champions’ ligue avec le Real Madrid aussi en tant qu’entraîneur puis la Coupe du Monde à la tête de l’équipe de France.

L’histoire sera peut-être plus folle ou moins jolie, mais l’histoire aura été possible. C’est ça qui nous chavire. Zizou est un magicien qui nous fait croire encore aux contes de fée et il est bien le seul ces temps-ci.

Valérie ALAMO



« Guardiola, éloge du style  » de Thibaud Leplat

guardiolaJ’attendais « Guardiola éloge du style » depuis longtemps. Depuis ce jour où par hasard mon regard s’est arrêté sur « Clasico, Barcelone/Real Madrid la guerre des mondes » dans les rayons d’une librairie.

Je cherchais un ouvrage sur le Barça et j’ai trouvé plus qu’un livre, un écrivain ! Avec le vertige de penser que j’aurais pu passer à côté …comme je dois malheureusement passer à côté d’autres écrits qui rendraient ma vie plus belle.

Etre séduite par une écriture c’est acheter tous les livres de l’auteur, les yeux fermés. Peu importe le sujet. La beauté de la plume l’emporte. J’attendais Pep Guardiola et ce fût José Mourinho . D’abord « le cas Mourinho » avant «  Guardiola éloge du style ». Les deux personnages étaient déjà présents dans « Clasico ». Deux manières de respirer le Sud. L’homme fidèle et le mercenaire. Les douleurs silencieuses face aux souffrances tapageuses. Deux manières d’être des entraîneurs hors pair.

Bien loin de l’image que je m’en faisais , j’ai découvert en José Mourinho un homme attachant et brillant. Et c’est donc fébrile que j’ai commencé le nouveau roman de Thibaud Leplat.

Allais-je être déçue par Pep Guardiola dont j’aime cette catalanité qui en agace tant parfois, cette façon si puissante d’appartenir à un peuple et tant pis pour Brassens et « ces imbéciles heureux qui sont nés quelque part » ? Peu importe après tout, l’important est que l’on me raconte une histoire.

Et dans ses biographies qui n’en sont pas vraiment, l’originalité de Thibaud Leplat est de mêler ses impressions, son vécu, de se situer par rapport au « héros » parfois.

La scène du bar dans lequel il regarde le fameux Clasico «  Réal/Barça » et voit sombrer ce Réal si cher à son cœur est remarquable, laissant un trouble Baudelairien où « La beauté aussi peut rendre triste ».

L’écrivain nous tire aussi par la manche pour nous ramener vers nos souvenirs de ballon rond «  car le football est la seule activité qui nous fait communiquer immédiatement et sans drame avec le temps de notre enfance… » regrettant que « le temps où le football se jouait entre deux poteaux d’anorak a un jour été dévoré par celui des mots de passe et des identifiants »

Comme un écho à ce paradis perdu , « C’était beau » chante Cali dans son dernier album « Jouer au foot sur la place du village/Mettre des pulls pour faire les cages/ Marquer un but et hurler ».

Le chapitre consacrée à l’enfance de Guardiola est une avalanche d’ émotions. Je l’ai lu , relu et le relirai encore. Il existe des écritures tellement justes qu’elle deviennent des refuges. L’annonce par ses parents au jeune Pep alors âgé de 13 ans que le Barça veut bien de lui, sa quête vaine alors qu’il est ramasseur de balles d’un autographe de Michel Platini , autant de scènes de vie transformées en bijoux.

Et puis ces phrases reçues en plein cœur, moi qui ai longtemps cru que ma jeunesse reviendrait à l’instar des saisons.« Pour la première fois de notre vie, nous étions plus âgés que nos grands-frères / Cette douleur secrète est un deuil terrible que personne ne pourra jamais comprendre ». Pour une cette pensée là je fais la promesse d’acheter les livres de Thibaud Leplat jusqu’à mon dernier souffle!

 Si l’on croise Bielsa dans une conversation riche et étonnante, Guardiola va le plus souvent chercher sa nourriture spirituelle hors du football. Comme l’on croise Antonio Damasio chez Mourinho , on croise entre autres dans l’univers de l’entraîneur du Bayern Munich, le philosophe et sociologue français Edgar Morin mais aussi Luis Llach figure emblématique catalane dont la chanson «  Que Tinguem sort » a été diffusée lors des adieux de Pep Guardiola au Camp Nou ainsi que l’écrivain David Trueba et son chef d’oeuvre «  Savoir perdre ».

Autant d’ influences qu ‘il « footballise » et qui font le style si singulier de Pep Guardiola. Ce style est analysé avec minutie dans le livre de Thibaud Leplat , de quoi réjouir tous les stratèges du football, tous les amoureux du beau jeu . Si en novice on ne suit pas toujours, on ne peut être qu’impressionné. Mais on peut choisir aussi- de peur de ressembler à un étudiant en cinéma qui obnubilé par les plans séquences, les travellings ne parvient plus à suivre le fil de l’histoire- de privilégier l’émotion et de considérer Guardiola comme un artiste qui offre un spectacle de toute beauté.

Je garderais longtemps le souvenir de ce ballet extraordinaire sur la pelouse du Camp Nou et des applaudissements venant saluer chaque belle action, de ce stade où l’on vient prendre du plaisir et où l’on nous en donne beaucoup…parce que le chorégraphe l’a décidé.

 « Guardiola, éloge du style » raconte l’histoire d’un homme qui semble avoir été choisi par le football pour transmettre , pour continuer à avancer sur le chemin ouvert par d’autres et devenir guide à son tour et ce avec ou sans ballon rond . Son intérêt pour la politique au sens premier du terme semble aller dans ce sens là.

 « Guardiola, éloge du style » dresse le portrait d’un homme passionnant à la fois solaire et ténébreux , d’un solitaire exigeant qui ne fait les yeux doux qu’à l’excellence mais qui n’est pas pour autant exempt de zones d’ombre, de mystères dont lui-même n’a peut-être pas la clé. Sa relation plus que distante avec Tito Vilanova en fin de vie est pour le moins intrigante.

Le roman met en exergue le style de Pep Guardiola mais en filigrane il révèle celui de Thibaud Leplat  qui d ’ouvrage en ouvrage nous régale davantage. «  La véritable angoisse de la page blanche, selon moi, n’est pas celle du contenu mais de la forme… acquérir puis travailler un style est sans doute la chose la plus dure et la plus délicate qui soit. » Cette pensée de Philippe Djian semble bien être aussi la préoccupation de Thibaud Leplat.

L’une des caractéristiques de ses écrits est de s’attacher à rendre à l’émotion ses lettres de noblesse, préférant la pudeur à l’étalage de sentiments. Thibaud Leplat a aussi cette élégance rare de faire confiance à son lectorat en glissant certaines références assez pointues qui au lieu d’exclure celui qui lit , lui donne la soif d’apprendre et de demeurer curieux.

 Et « C’est bien à cela qu’on mesure la valeur d’un homme . A son élégance ! »

 Valérie ALAMO



Pablo ALBORAN la perle ibérique

pablo 2015La première fois que j’ai entendu Pablo Alboran, c’était il y a trois ans au Camp Nou à Barcelone. Juste avant un match du Barça dans les haut-parleurs du stade… Je ne savais pas qui il était mais au beau milieu de tumulte, je suis tombée sous le charme d’une voix.

Mon castillan et mon catalan étant ce qu’ils étaient à l’époque , je n’ai pas osé demander qui chantait à mes voisins…

C’est de retour en France, qu’ un matin très tôt alors que la télévision était restée allumée, cette même voix m’a sorti des bras de Morphée.

M6 diffusait « Solamente tù », chanson extraite de « Latins lovers »,  interprétée en duo par Damien Sargue que j’avais interviewé pour France Bleu quand il jouait dans « Notre dame de Paris » et ..Pablo Alboran !

Je pouvais enfin mettre un nom et un visage sur cette voix qui m’avait tant plu et j’ai acheté sans tarder les albums de Pablo Alboran. Notamment le dernier « Terral » sorti au mois de Novembre dernier. Un régal!

D’ordinaire plutôt amoureuse des chansons dites à texte, j’ai ici moins d’à priori. Le fait de ne pas comprendre tous les mots me rend plus attentive aux mélodies et à l’interprétation… remarquable. Serais-je séduite par sa façon d’écrire si je comprenais tout ? Je l’ignore. Mais même si les chansons parlent d’amour, je ne ressens aucune mièvrerie et si guimauve il y avait elle serait saupoudrée de piment.

Pablo Alboran se sert de sa voix comme d’un instrument. Il suffit de l’entendre reprendre un air de Flamenco Andalou traditionnel pour s’en convaincre.

Les versions acoustiques de «  Por fin » et «  La escalera » font chavirer et le duo très latino avec Ricky Martin dans «  Quimera » est un vrai plaisir .

Tout cet album semble être un mélange de subtilité, de retenue et d’ intelligence qui à l’instar du « Terral » le vent brûlant qui souffle à Malaga d’où est originaire Pablo Alboran, nous fait chaud au cœur.

Ces dernières décennies , l’Espagne nous a gâtée, côté cinéma avec des réalisateurs comme Pedro Almodovar pour ne citer que le plus célèbre , côté littérature avec David Trueba, Carlos Luis Zafon ou Javier Marias mais en matière de chansons, elle nous avait laissé avec Julio Iglesias ou dans un genre différent Luis Llach. Et cela nous manquait…

Avec Pablo Alboran , elle nous offre ce qui fait défaut à la France, un chanteur à la sensualité à fleur de peau.

Véritable idole en Europe du Sud et en Amérique du Sud où il remplit des stades, Pablo Alboran a donné son premier concert à Paris au Trianon le 19 mai dernier. La salle ayant été changée au dernier moment , le « café de la danse » s’avouant trop petit pour accueillir le public connaisseur.

De mère et de grand-mère françaises , Pablo Alboran maîtrise parfaitement la langue de Molière. Son album « Terral » sortira en France dans les prochains mois avec des titres en espagnol mais aussi en français.

Après une reprise de « La vie en rose » , on peut déjà l’entendre en duo avec Zaz dans « Sous le ciel de Paris » où il nous ferait presque croire que Paris a retrouvé ses airs romantiques d’antan mais aussi dans « Inséparables » , la version française de «  Pasos de cero » extrait de « Terral ».

Inséparables, c’est bien ce que deviendront Pablo Alboran et le public français dès que ce dernier aura découvert celui qui est certainement le jeune artiste le plus doué de ces dernières années.

Valérie Alamo



Abandonné

 

Abandonné

J’attends qu’elle vienne me chercher

Comme un enfant oublié

A la sortie de l’école

Elle va finir par y penser

Je l’entends déjà pleurer

D’avoir laissé son « idole »

Quinze ans que je dors dans son cou

Que je fais crisser ses bas

Que je mets des poils partout

Même sur ses pulls angora

Elle va finir par y penser…

Abandonné

Moi le roi de l’abandon,

Sur le lit, le canapé

De ce qui était ma maison

Abandonné

J’attends qu’elle vienne me chercher

Elle n’a pas laissé mon panier

Ni mon repas pour ce soir

Elle va finir par y penser

Moi le seul mâle qu’elle voulait

Voir au fond de ses miroirs

Quinze ans que je dors dans son cou

Que je fais crisser ses bas

Que je mets des poils partout

Même sur ses pulls angora

Elle va finir sans une pensée ….

Abandonné

Moi le roi de l’abandon,

Sur le lit, le canapé

De ce qui était ma maison

Abandonné

Valérie ALAMO



Slimane, magnifique Lorrin de « Marie-Antoinette et le Chevalier de Maison Rouge »

slimane photo 2Seul réel inconnu de la troupe « Marie-Antoinette et le Chevalier de Maison Rouge » mais « qui ne devrait plus le rester très longtemps » comme le souligne Didier Barbelivien, Slimane joue Lorrin le compagnon fidèle de Maurice Lindet, essayant d’ouvrir les yeux à son ami pour lui sauver la vie tout en dénonçant les dérives de l’époque, de sa voix écorchée.

Rencontre avec un jeune artiste qui à 25 ans est promis à une très belle carrière.

Comment avez-vous appris que Didier Barbelivien pensait à vous pour le rôle de Lorrin ?

 Didier Barbelivien a entendu parler de moi par Eric Dussart qui est journaliste sur RTL. Un jour en interview Didier lui a confié qu’il recherchait un chanteur à la voix cassée pour son prochain spectacle musical. Hors Eric Dussart m’avait entendu chanter quelques jours auparavant dans un bar et il lui a parlé de moi. Le destin a frappé à ma porte…

Que représentait pour vous Didier Barbelivien ?

 C’était pour moi quelqu’un de connu dans le métier. Je le connaissais surtout pour avoir fait « Les enfants du soleil » une autre comédie musicale puisque plusieurs de mes amis faisaient partie de la troupe, mais je ne savais pas qu’il avait écrit autant de succès pour autant d’artistes !

Quand j’ai dit à ma mère que Didier Barbelivien voulait me rencontrer , elle n’en est pas revenue ! « Mais tu ne rends pas compte, c’est quelqu’un de très très connu et de très important dans la chanson ». Elle écoutait ses chansons quand elle était jeune !

Comment s’est déroulée l’audition ,le jour J ?

 Le premier rendez-vous, c’est super bien passé. J’ai chanté « Sky Fall » d’Adèle. Je suis sorti de la cabine du studio et Didier m’a dit « c’est bon tu as le rôle » et il m’a donné les chansons de Lorrin à apprendre.

 Justement en tant qu’artiste vous avez votre propre univers, est-ce que c’est facile de rendre sien les mots d’un autre , de surcroît quand deux générations vous séparent ?

 J’ai beaucoup chanté dans les bars tous styles de chansons, y compris des chansons de variétés donc ce n’était pas un univers qui m’était totalement inconnu. J’adore Aznavour et Brel, les chansons à texte…

Mais à vrai dire, le deuxième rendez-vous avec Didier a été catastrophique. J’ai interprété « la Terreur citoyen » devant lui mais je l’ai fait à l’instinct , avec mon feeling.

En fait je n’avais jamais interprété une chanson devant son créateur. J’ai pris des libertés que je n’aurais pas dû prendre. Didier avait une idée précise de ce qu’il voulait.

En m’entendant chanter, il a tout arrêté et m’a demandé de revenir quand j’aurais vraiment appris les chansons, quand j’aurais vraiment travaillé.

J’étais anéanti .J’ai appelé un ami un peu désespéré en lui disant « J’ai laissé ma chance et j’ai fait n’importe quoi ».

En fait Didier m’a appris à respecter le travail d’un auteur et d’un compositeur. Je n’avais jamais été confronté au créateur, je ne connaissais pas ce rapport là.

En travaillant comme il le voulait, je me suis aperçu en fait que je n’avais pas à incarner Lorrin, j’étais lui !

Pour moi, il y a un avant et un après « Marie-Antoinette ». Je suis en train de réaliser mon premier album et je m’aperçois que je ne chante plus de la même manière même les chansons que j’écris et que je compose. C’est expérience m’a fait découvrir d’autres facettes de ma personnalité.

J’ai ajouté une autre corde à mon arc et j’en suis ravi. J’emprunte des chemins où l’on ne m’attend pas, plus éloignés de la musique métissée de la Soul , de la pop, de la musique urbaine.

Quelle est la chanson qui vous a donné le plus de difficultés ?

 Sans hésiter « Marie-Antoinette » qui est l’une des chansons les plus importantes du spectacle.

Elle est très difficile à chanter. Il faut une bonne technique pour l’interpréter comme elle le mérite.

La difficulté est d’allier la technique et l’émotion. Ce n’est pas l’exercice le plus simple.Cela demande beaucoup de travail. C’est la chanson qui m’en a donné le plus. Elle raconte l’exécution de la reine. Je ne pouvais pas passer à côté.

J’ai de la chance , j’aime vraiment les chansons que j’interprète dans « Marie -Antoinette », qui sont des chansons à texte. C’est le genre que j’apprécie par dessus tout. Didier a été très fort dans l’attribution des rôles. Il a compris où chacun de nous pouvait aller et là où on était le mieux.

Il m’a poussé à reculer mes limites dans l’interprétation et c’est ce que je recherche. Je suis allé plus loin que là où je n’avais jamais été , je n’avais pas le choix !

Du coup je n’ai pas eu besoin d’interpréter le rôle, je l’incarnais !Je ne triche pas Lorrin c’est moi.

Il en est de même pour les autres interprètes. Kareen a un port de tête de reine dans la vraie vie, Aurore est fraiche et magnifique, Mickaël est un grand romantique et Valentin un poète insolent.

Vous interprétez «La terreur citoyen » et des siècles après on trouve dans les paroles une certaine résonance dans l’actualité…

« La terreur » est vraiment une chanson pour moi. On essaie et l’actualité nous le prouve chaque jour davantage, de nous inculquer la peur de l’autre, de profiter de ce climat de terreur qui nous rend plus fragile, pour installer des idées pas très jolies jolies…

C’est une chanson qui pourrait figurer dans la ligne directrice de mon album. A quelques références près, c’est une chanson d’aujourd’hui. Je suis très fier d’en être le porte-drapeau dans « Marie Antoinette. »

Quel visage aurait pour vous « La désillusion » que vous chantez en trio avec Mickaël Miro et Valentin Marceau ?

 La désillusion pour moi peut être amoureuse, bien sûr ,mais cela peut être celle du temps qui passe aussi . Quand je l’ai enregistrée j’ai fêté mes 25 ans et j’ai pensé que passé un quart de siècle, on est plus tout à fait pareil…

Cette chanson peut être écoutée , quand on croit en quelque chose et que l’on est déçu, peu importe que cela concerne l’amour , l’amitié ou un idéal….

Ma phrase préférée est « On a tant rêvé, d’être immobile, avant d’être immigré ».

Si on l’écoute en dehors du contexte, on peut comprendre un peu plus le monde d’aujourd’hui.

Personne ne cherche à embêter personne, certains ne peuvent pas faire autrement quelquefois, c’est tout…comme les migrants actuellement.

Vous chantez aussi « la France » dans l’album , quelle est votre vision de l’hexagone ?

 Ma France en 2015, je la vois comme dans la chanson « de toutes les couleurs, elle reste dans mon coeur »

C’est le métissage qui fait avancer, pas le « entre-soi ». C’est la différence qui fait la richesse. On apprend toujours des autres. On a chacun nos traditions avec comme point commun celui d’aimer notre pays la France.

Si on parvenait à éradiquer la peur, on ferait de la France, la Capitale du Monde.

Ce projet me tient beaucoup à cœur mais si les chansons ne m’avaient pas plu alors Didier Barbelivien ou non j’aurais dit non. Mais là je suis fier des chansons que j’interprète et je serais encore plus fier de les interpréter sur scène.

En parlant de scène, vous avez partagé celle de l’Alhambra avec Didier Barbelivien en 2014, le temps du duo « A toutes les filles »..

 J’étais heureux de partager la scène avec Didier. On ne se connaissait pas encore vraiment mais c’était super gentil, super classe, super aimant de nous présenter au public pour la première fois de cette façon. Là je me suis dit « peut-être que tu as raison de vouloir faire ce métier là, de tenter l’aventure ».

Je n’oublierais jamais non plus le regard de ma mère quand je lui ai dit que j’allais chanter sur scène à Paris avec Didier Barbelivien ! Je voudrais remercier mes parents de m’avoir fait confiance et d’avoir accepté qu’après le Bac j’intègre le conservatoire Maurice Ravel à Levallois sans poursuivre mes études.

La scène , vous l’avez retrouvée lors des shows case de présentation de « Marie-Antoinette » …

 Lors des shows case, on reçoit tellement d’amour du public ! C’est énorme de vivre ça, c’est plus fort que tout !

Au départ, il vient pour Didier , il faut le reconnaître et puis il nous découvre et à la fin il est debout pour nous applaudir !

Grâce à « Marie-Antoinette » je chante devant un public, plus âgé qui aime la chanson française et qui ne serait jamais venu m’applaudir de son propre chef ! C’est pour ça que je chante et que je veux le faire encore et toujours.

La musique fait tomber les barrières. L’émotion n’a pas de frontière ni d’à priori , on est ému ou on ne l’est pas ! C’est tout ce qui compte.

« Marie -Antoinette » est ma vraie première expérience professionnelle et comme toutes les premières fois cela ne s’oublie pas . Elle aura une place particulière dans ma tête et dans mon cœur pour toujours.

Cette aventure m’a apporté en plus des amis venus d’horizons totalement différents du mien. Sans « Marie-Antoinette » mon chemin n’aurait jamais croisé celui de Mickaël ni celui de Valentin et aujourd’hui on travaille tous les trois sur mon album ! J’ai du mal à réaliser et suis impatient de faire écouter ces chansons là !

J’ai désormais une autre vision de mon métier J’accepte de chanter des chansons que je n’ai pas composées ni écrites. Je voulais que tout vienne de moi auparavant, hors j’ai compris que je pouvais m’approprier les mots et les musiques des autres sans perdre mon identité, ma sincérité. Chanter les mots de quelqu’un d’autre dans lesquels on se retrouve cela peut être plus fort quelquefois !

Didier a réussi non seulement une belle œuvre musicale et mais il a fait se trouver des amis. Il est la baguette magique qui s’est penché sur mon berceau.

Valérie ALAMO



Valentin Marceau, l’attachant « musicien des rues » de « Marie-Antoinette et le Chevalier de Maison Rouge »

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Après « A nos amours » paru en 2013, Valentin Marceau devrait très prochainement sortir son deuxième album dans lequel on retrouvera entre autres deux de ses grands succès « Défendre Alice » et « Sybille Kill ».

Parallèlement à sa carrière solo , il incarne « Martin » jeune anarchiste aux accents de Gavroche dans « l’historic Musical » de Didier Barbelivien « Marie-Antoinette et le Chevalier de Maison Rouge » et rêve de monter sur scène avec toute la troupe pour y interpréter le rôle de ce musicien des rues.

Rencontre avec un jeune artiste qui du haut de ses 24 ans ( il les fêtera le 15 juillet) n’a pas fini de nous surprendre.

Comment avez-vous appris que Didier Barbelivien pensait à vous pour le rôle de Martin ?

Je me souviens précisément de l’endroit où j’étais. C’était en juillet en Corse. J’étais en voiture avec mon guitariste Thomas Semence et mon producteur Fabrice Marchal. J’allais jouer en première partie de Patrick Bruel. Philippe Russo a appelé Fabrice pour lui dire que Didier Barbelivien voulait me rencontrer pour me parler d’un projet sur Marie-Antoinette .

Je me souviens que l’on arrivait au théâtre de verdure , place du Casone et qu’au loin je voyais la statue de Napoléon dans la baie d’Ajaccio. Cela m’a reboosté, j’étais très intrigué et à la fois très curieux qu’un grand nom de la chanson pense à moi.

Vous aviez alors 22 ans, que représentait pour vous Didier Barbelivien ?

Je connaissais bien sûr le nom de Didier Barbelivien et quelques-unes de ses chansons même si j’ignorais qu’il avait écrit tant de succès pour autant d’artistes.

Mon père m’ avait parlé de lui quelques années auparavant. Il avait vu un reportage sur M6 où Didier racontait que lorsqu’il faisait ses maquettes à la campagne , il laissait les bruits ambiants comme le chants des oiseaux et c’est une idée qui nous plaisait bien.

Lors de ma première rencontre avec Didier j’étais intimidé. J’ai tourné un peu dans la rue avant d’oser sonner ! C’est quand même un personnage charismatique et j’avais vraiment envie de faire partie de son projet …

C’est drôle cela me paraît tellement loin… maintenant que l’on forme une troupe , presque une famille. On dirait que je parle de quelqu’un d’autre….Aujourd’hui il n’y a plus cette distance entre lui et nous.

Il m’a présenté les deux chansons que j’aurais à travailler , « La noblesse » et « Musicien des rues » puis on a parlé de Dylan que l’on aime tous les deux.

J’étais très content de cette première rencontre. Après je suis parti bosser, je ne voulais pas me louper.

 Que saviez-vous de Marie-Antoinette et de ce pan de notre histoire ?

Je suis un passionné d’histoire, car j’ai eu un professeur formidable qui a su m’ y intéresser . D’ailleurs j’ai eu 15 au bac d’histoire grâce à lui ! Je reste aussi un cinéphile averti et j’aime les films historiques . J’avais vu le « Marie-Antoinette »de Sofia Coppola qui est mortel !

Avant de me rendre au premier rendez-vous avec Didier, j’ai relu la biographie de « Marie Antoinette » sur Wikipédia pour me mettre dans l’ambiance. Par la suite, je me suis plongé dans le livret écrit par Didier en vue de la pièce que l’on va jouer sur scène mais je dois avouer que je n’ai pas eu le courage de lire le roman d’Alexandre Dumas « Le chevalier de Maison Rouge ».

Je suis un peu paresseux de ce côté là , à l’image de ma génération, je crois.

En fait le numérique a tué le support physique que ce soit dans le disque, la presse ou le livre . Avec le Web on a accès à des informations immédiates , sans effort. On se laisse sans cesse divertir. Dans le train, par exemple au lieu de prendre un livre, j’ai mon téléphone entre les mains… C’est une nouvelle ère avec une perte de la culture avec un grand C peut-être. On va à la facilité.

Comment s’est déroulée l’audition ,le jour J ?

Je suis un anxieux de nature. Je stresse beaucoup et j’ai tendance à perdre un peu mes moyens. D’autant que « La Noblesse » et « Le musicien des rues » sont des chansons qui demandent à être chantées mais aussi jouées,interprétées au vrai sens du terme. Il fallait y mettre de l’intention , de la vie. Il fallait que je sois déjà acteur , que je devienne Martin qui est en fait un personnage énigmatique , que je sois insolent sans être pour autant caricatural mais les paroles et la musique aident à se glisser dans la peau du personnage.

Justement en tant qu’artiste vous avez votre propre univers, est-ce que c’est facile de rendre sien les mots d’un autre , de surcroît quand deux générations vous séparent ?

En fait je ne me suis jamais coupé des grandes chansons françaises et cela se retrouve dans mes albums. Cabrel ,Aznavour, Christophe font partie aussi des artistes que j’écoute . Quant aux chansons de Didier, c’est un voyage auprès de mes influences

Même si on a une approche du son et de la production différente, on est animé par les mêmes envies et on fait la part belle à la mélodie. Ce n’est pas une question de génération mais de ressenti …

 Vous avez partagé la scène de l’Alhambra avec lui en 2014, le temps du duo « A toutes les filles »..

C’était un honneur de chanter avec Didier sur la scène de l’Alhambra. C’était notre première apparition publique à ses côtés. Il fallait être à la hauteur de sa confiance.

Slimane, Mickaël et moi avons chanté à tour de rôle « A toutes les filles » et Aurore et Kareen « Les mariés de Vendée ». C’était le top départ de l’aventure. Il nous a présenté comme les artistes de « Marie- Antoinette » . On était tous très fiers. C’était comme l’officialisation de notre collaboration.

Vous interprétez « Musicien des rues » et des siècles après on trouve dans les paroles une certaine résonance dans l’actualité. Cela pourrait être une chanson qui évoque « Les sans-dents » par exemple. 

Quand j’ai entendu la chanson, c’est immédiatement ce que j’ai pensé. Des siècles ont passé et pourtant on peut la chanter aujourd’hui sans vraiment changer les paroles. On semble être revenu au même stade avec des français qui ne mangent pas à leur faim et des riches de plus en plus riches.

On est peut-être pas à des kilomètres de revivre une Révolution. A l’époque, c’était la fin de l’ère royaliste, là on semble vouloir entrer dans une nouvelle ère. On n’est pas à l’abri d’un soulèvement du peuple. Pour l’instant l’ours est encore dans sa tanière mais quand il va se réveiller et sortir, cela risque de faire mal.

J’y reviens mais en fait l’ère numérique est peut être une révolution en soi . Elle a changé notre rapport au monde, on vit de plus en plus dans le virtuel, dans notre rapport à nos proches aussi.

On peut être côte à côte mais portable à la main , on est chacun dans notre monde, on ne se parle plus vraiment.

Quelquefois quand on voyage avec la troupe pour faire des shows case, on a tous les yeux rivés sur notre portable, moi y compris alors que l’on s’entend bien et que l’on aurait des choses à se dire ! Cela me fait flipper ! C’est un truc de malade!

Je vais avoir 24 ans mais j’ai quand même un moyen de comparaison. Au collège, on n’avait pas facebook, Twitter et tout ces réseaux. Aujourd’hui je ne sais pas si les adolescents se rendent compte que ce n’est pas parce que tu as 500 likes sur facebook que tu as des potes dans la vraie vie. C’est un nuage virtuel. C’est basé sur l’apparence.On s’invente une vie idéale sur facebook. C’est une époque narcissique, on est replié sur soi et moins tourné vers les autres.

Cette génération là sera peut-être la génération de l’isolement.

Vous chantez aussi « la France » dans l’album , quelle est votre vision de l’hexagone?

Je suis amoureux de mon pays. J’adore visiter et découvrir la France. Je suis fasciné par les diversités qu’elle abrite autant au niveau des traditions , des modes de vie que des paysages.

Je suis un dingue de la Touraine, le fleuve, les maisons à colombages , les châteaux de la Loire. J’aime l’ambiance des contrées chargées d’histoire où l’on ressent les effluves du passé. La France est un paysage cinématographique incroyable qui permet de se faire son propre film. J’adore voyager dans les différentes époques. Quand tu te balades à la campagne, tu peux te sentir transporter au 19 ème siècle et tu es Rimbaud dans ta tête…

Qui aujourd’hui d’après vous, sont les gens qui méprisent le peuple , qui représentent « la Noblesse » d’antan ?

Même si je suis un peu bobo dans la vie, j’ai un rapport particulier avec « le public élitiste », celui qui croit détenir le bon goût , la vérité sur ce qu’il est de bon ton d’aimer ou de penser.

On trouve ces gens dans certaines galeries par exemple. Ils se croient obligé d’apprécier telles ou telles œuvres de peur d’être exclus du cercle restreint auquel ils appartiennent. Ils vont trouver ça beau même s’ils n’éprouvent aucune émotion et te regardent avec mépris ou mieux encore t’ignorent car tu n’es pas comme eux. Ils sont emplis de préjugés, d’idées préconcues et n’en sortent jamais. C’est le contraire de l’ouverture d’esprit qu’est censé procurer l’Art. Ils ont vraiment l’attitude des nobles d’autrefois…

Mais comme le disait déjà Gainsbourg « les arts mineurs sont en train d’enculer les arts majeurs »!

 Quel visage aurait « La désillusion » pour vous ?

Pour moi c’est le passage à l’âge adulte. J’ai lu cette phrase l’autre jour sur un mur « On devient adulte quand on a perdu tout espoir de devenir un jour ou poète ou punk ».

Cela n’a rien à voir avec l’âge. Tant qu’on a des rêves et qu’on les réalise, on ne devient pas adulte. « Marie-Antoinette et le Chevalier de Maison Rouge » , Didier y pensait depuis l’enfance et il est en train de réaliser son rêve. En faire partie est une chance incroyable !

Valérie ALAMO



Quand le Canal Football Club réinvente les contes de fées avec Zidane

Valérie Zizou

Le championnat de Ligue 1 a fermé ses portes hier et ce soir je regarderais le Canal Football Club consacré à la dernière journée de la saison avec une certaine saudade.

Depuis l’enfance , le football comme la littérature et la musique embellit ma vie.

Cinq questions m’ont servi de sésame pour traverser mon écran et telle Cécilia l’héroïne de Woody Allen dans « la Rose pourpre du Caire » me retrouver un dimanche soir de fin mars assise à la table de l’émission phare de Canal Plus pour interviewer Zinénide Zidane !

L’écrire encore aujourd’hui quasiment deux mois après me semble toujours aussi incongru.

Journalistes sportifs ou non , combien sont ceux qui rêvent d’interviewer Zinédine Zidane  et moi, simple abonnée, j’ai eu cet honneur là !

Bien plus qu’un footballeur doté d’un talent hors norme , Zinédine Zidane restera à jamais pour moi un artiste, un esthète empreint de ce « Duende » si cher à Federico Garcia Lorca.

 Alors quand j’entends démarrer le générique du « Canal Football Club » , je me sens comme un footballeur lors du match de sa première sélection en équipe nationale. Il sait que tout peut se passer , le pire comme le meilleur mais que pour rien au monde, il ne laisserait sa place à quelqu’un d’autre. Je sais aussi que contrairement à lui, je n’aurais pas une seconde chance de revivre de si douces minutes et qu’il faut que j’en profite le plus possible pour me faire de jolis souvenirs…

 C’est à mon tour de m’assoir à la table mythique et de faire en sorte que le plaisir l’emporte sur la peur…

Zinédine Zidane a ceci de particulier qu’il vous regarde dans les yeux quand il vous parle. Je me suis accrochée à son regard comme on s’accroche à la falaise quand on a les deux pieds dans le vide. Je suis dans une bulle ouatée. Seuls me perturbent les battements de mon cœur qui explose dans ma poitrine.

Il me parle de ses fils avec fierté et clairvoyance, puis des sages conseils de son papa. Un homme de 43 ans qui continue  d’appeler son père « papa » , de surcroît en sachant que cette habitude lui vaut quelques moqueries, ça me touche. Beaucoup.

Je comprendrais mieux pourquoi en lisant plus tard le très émouvant article signé Karim Nedjari ( aujourd’hui à la direction des sports de Canal Plus ) écrit pour le Parisien en décembre 2006 « l’incroyable destin de son père » (.http://www.leparisien.fr/une/l-incroyable-destin-de-son-pere-12-12-2006-2007587314.php) .

Et parmi toutes ces paroles échangées, une phrase glissée sans en avoir l’air au fil de la conversation  résonne comme une fêlure, un malentendu  entre lui et nous  « Je sais bien que tout le monde dit que je ne pense rien ». Comment peut-on encore trouver qu’un joueur  qui en finale d’une  Coupe du Monde est capable de mettre à la fois une insolente Panenka et un coup de tête soit un être mièvre ?

Quelquefois , il est dangereux de croiser ses légendes …pas Zinédine Zidane, car comme il se dit dans le midi «  Il ne se prend pas pour un autre ». Jamais…

 Le 29 mars j’interviewais Zizou pour le Canal Football Club et le 20 avril je le voyais jouer pour la première fois lors d’un match de bienfaisance à Saint-Etienne . Certains diront que tout ça « c’était pour de faux » mais ces erzatzs m’ont comblé.

Parce qu’un dimanche après-midi, j’ai posé cinq questions , seule dans ma chambre devant mon IPAD en essayant de transmettre l’émotion que serait pour moi de prendre part à une telle aventure, j’ai vécu une parenthèse enchantée. Les contes de fées existent donc encore , il faut juste oser leur donner une chance. (Et dire que la crainte de perdre a failli me faire renoncer !)

Ce dimanche 29 mars 2015, Canal Plus, Séverine Ray, Katy Eutrope-Sylvère, Nicolas Pré, Paul Elkaim, Karim Nedjari et Hervé Mathoux ont fait de moi une privilégiée et peu importe si passé minuit le carrosse est redevenu citrouille, les étoiles dans mes yeux scintillent encore.

 Et je sais qu’il en est de même pour Laetitia , Sabrina, Samy, Mohamed, Vitalino, Cyril et Louis !

 Valérie ALAMO



Clément Turpin passeur de rêves

« Celui qui vient au monde pour ne rien troubler ne mérite ni égards ni patience. »  Cette pensée de René Char semble couler  dans les veines de Clément Turpin.

Arbitre international depuis 2009,  alors qu’il foule les plus prestigieuses pelouses d’Europe, il  n’oublie pas son rôle de conseiller technique régional des arbitres au sein de la Ligue de Bourgogne et prend très à cœur de distiller la psychologie de l’homme en noir jusque dans les plus petits clubs de campagne et notamment ceux du District du Pays Minier où il a pris sa première licence de footballeur.

Sa dernière conférence avait un goût un peu particulier car elle s’est faite chez lui,  à Montceau les Mines à l’Embarcadère, le 29 octobre dernier, dans une salle d’ordinaire réservée aux concerts et au théâtre et où étaient conviés tous les amoureux du football  licenciés ou non.

Un quart d’heure avant de monter sur scène, Clément Turpin se tient debout dans  la salle et la regarde se remplir comme pour désamorcer le début d’un malentendu.

L’engouement médiatique qui s’est emparé des radios, journaux et télévisions,  depuis l’annonce de sa conférence spectacle « M’sieur  l’arbitre » lui inspire quelques craintes comme voir une phrase sortie de son contexte et mise en exergue.

Car « M’sieur l’arbitre » est bien une conférence et non un one-man show .Quand on connait le monde du silence dans lequel évolue les arbitres, il sait bien que son entreprise est osée et qu’il brise là certaines chaînes.

Mais les doutes se dissipent face à la  légitimité de son audace.  Arbitre depuis 16 ans,  il a la conviction que partager sa vision de l’arbitrage n’est pas vain et que petit à petit, il parviendra à réduire le fossé qu’il demeure encore  entre joueurs, supporters et arbitres.
Mais  au-delà des parallèles   entre ces différents  mondes qui se rejoignent défiant les lois mathématiques, dans l’amour du football,  Clément Turpin entraine le spectateur dans un conte philosophique, se rapprochant de la théorie d’Antonio Damasio qui dans « l’erreur de Descartes », traite du rôle de l’émotion et du sentiment dans la prise de décision.

 

Car s’il applique les règles du mieux qu’il peut avec comme dans la vie, les conséquences qu’entrainent les choix, l’arbitre doit être aussi un comédien. Il doit laisser passer des émotions, ne pas  être impassible et linéaire «  Montrer qu’on est bien content d’être là  et   qu’on est là avec notre caractère, les joueurs doivent sentir ça » confie Clément Turpin qui  espère sans vraiment oser l’avouer,  qu’un jour  les supporters se déplaceront   pour le voir arbitrer, comme certains le faisaient pour  Pierluigi Collina ou Robert Wurtz.

Ceux qui ont vu sa prestation hier soir lors du derby ASSE/OL, sentent bien que ce moment -là est tout  proche.

 

Mais le plus touchant  dans la conférence, est lorsque  l’arbitre  laisse se fendre l’armure  et jette un regard émerveillé sur son parcours, sur ce jeune garçon qu’il était et qui aurait pu avoir une vie toute tracée  s’il n’avait pas croisé sur sa route sa passion pour l’arbitrage.

 

L’entendre la voix brisée par l’émotion et un zeste d’incrédulité dans le regard raconter comment il s’est retrouvé un après-midi  d’Août  à s’entraîner seul avec son équipe arbitrale  dans le stade San Siro à Milan, la veille d’arbitrer un match européen,  est une leçon pour tous  les résignés.

Car Clément Turpin se fait passeur de rêve en ouvrant le champ des possibles « je n’ai pas  le droit de vous dire que c’est impossible, je l’ai fait. ». En faisant vaciller bien des certitudes, en mettant un carton rouge à la fatalité, il rend  à chacun les clés de  son destin.

 

Il sera ce soir à Mâcon à 19h00 au Cinémarivaux pour une nouvelle conférence, ceux qui iront en sortiront grandi !

Valérie ALAMO

 



Clément Turpin passeur de rêves…

« Celui qui vient au monde pour ne rien troubler ne mérite ni égards ni patience. »  Cette pensée de René Char semble couler  dans les veines de Clément Turpin.

Arbitre international depuis 2009,  alors qu’il foule les plus prestigieuses pelouses d’Europe, il  n’oublie pas son rôle de conseiller technique régional des arbitres au sein de la Ligue de Bourgogne et prend très à cœur de distiller la psychologie de l’homme en noir jusque dans les plus petits clubs de campagne et notamment ceux du District du Pays Minier où il a pris sa première licence de footballeur.

Sa dernière conférence avait un goût un peu particulier car elle s’est faite chez lui,  à Montceau les Mines à l’Embarcadère, le 29 octobre dernier, dans une salle d’ordinaire réservée aux concerts et au théâtre et où étaient conviés tous les amoureux du football  licenciés ou non.

Un quart d’heure avant de monter sur scène, Clément Turpin se tient debout dans  la salle et la regarde se remplir comme pour désamorcer le début d’un malentendu.

L’engouement médiatique qui s’est emparé des radios, journaux et télévisions,  depuis l’annonce de sa conférence spectacle « M’sieur  l’arbitre » lui inspire quelques craintes comme voir une phrase sortie de son contexte et mise en exergue.

Car « M’sieur l’arbitre » est bien une conférence et non un one-man show .Quand on connait le monde du silence dans lequel évolue les arbitres, il sait bien que son entreprise est osée et qu’il brise là certaines chaînes.

Mais les doutes se dissipent face à la  légitimité de son audace.  Arbitre depuis 16 ans,  il a la conviction que partager sa vision de l’arbitrage n’est pas vain et que petit à petit, il parviendra à réduire le fossé qu’il demeure encore  entre joueurs, supporters et arbitres.
Mais  au-delà des parallèles   entre ces différents  mondes qui se rejoignent défiant les lois mathématiques, dans l’amour du football,  Clément Turpin entraine le spectateur dans un conte philosophique, se rapprochant de la théorie d’Antonio Damasio qui dans « l’erreur de Descartes », traite du rôle de l’émotion et du sentiment dans la prise de décision.

Car s’il applique les règles du mieux qu’il peut avec comme dans la vie, les conséquences qu’entrainent les choix, l’arbitre doit être aussi un comédien. Il doit laisser passer des émotions, ne pas  être impassible et linéaire «  Montrer qu’on est bien content d’être là  et   qu’on est là avec notre caractère, les joueurs doivent sentir ça » confie Clément Turpin qui  espère sans vraiment oser l’avouer,  qu’un jour  les supporters se déplaceront   pour le voir arbitrer, comme certains le faisaient pour  Pierluigi Collina ou Robert Wurtz.

Ceux qui ont vu sa prestation hier soir lors du derby ASSE/OL, sentent bien que ce moment -là est tout  proche.

 

Mais le plus touchant  dans la conférence, est lorsque  l’arbitre  laisse se fendre l’armure  et jette un regard émerveillé sur son parcours, sur ce jeune garçon qu’il était et qui aurait pu avoir une vie toute tracée  s’il n’avait pas croisé sur sa route sa passion pour l’arbitrage.

L’entendre la voix brisée par l’émotion et un zeste d’incrédulité dans le regard raconter comment il s’est retrouvé un après-midi  d’Août  à s’entraîner seul avec son équipe arbitrale  dans le stade San Siro à Milan, la veille d’arbitrer un match européen,  est une leçon pour tous  les résignés.

Car Clément Turpin se fait passeur de rêves en ouvrant le champ des possibles « je n’ai pas  le droit de vous dire que c’est impossible, je l’ai fait. ». En faisant vaciller bien des certitudes, en mettant un carton rouge à la fatalité, il rend  à chacun les clés de  son destin.

Il sera ce soir à Mâcon à 19h00 au Cinémarivaux pour une nouvelle conférence, ceux qui iront en sortiront grandi !

Valérie ALAMO

 

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